vendredi 7 octobre 2011

Hommage à Steve Jobs: 5. les produits en "i"

Dernière partie de l'hommage à Steve Jobs.

Dans la foulée de l'iMac, Apple tente d'imposer le G3 et le Powerbook.
Le problème, c'est qu'il butte sur un plafond de verre: le grand public veut des Pentium, point. Même si on leur démontre que le processeur du G3 est plus performant.

En 2002, Apple surprend son monde avec l'iPod, un baladeur MP3 haut de gamme. Il est associé à iTunes, le magasin virtuel.
Alors qu'à l'époque, le P2P décolle et les tentatives de plateformes légales de MP3 ont été des flops.
L'iPod séduit bien au-delà des amoureux d'Apple.
Même chez Apple, on pense que l'iPod aura un succès éphémère. Mais il permet au constructeur de faire un virage vers la high-tech haut de gamme.

Steve Jobs change de look: cheveux ras, lunettes fines, tee-shirt noir, jeans et basket, il oscille entre gourou new age et camelot high-tech. Y compris dans son discours.

En 2007, c'est l'iPhone. C'est d'emblée un must have avec son "app store" et sa gestuelle. Le roi Nokia est ringardisé.
Steve Jobs est désormais l'idole d'une génération avide de gadgets.

Dans les premiers Apple store, c'est la bousculade. Le paradoxe est que les ordinateurs passent au second plan.
En 2010, l'iPad entre en scène. Les détracteurs raillent l'absence de Flash, le côté "iPhone à l'échelle 2" et surtout... L'absence d'utilité de l'objet.
Mais là encore, on se presse pour l'avoir.

Les critiques évoquent aussi le côté dictatorial de Jobs. Chaque nouveauté doit rester secrète jusqu'à la fameuse présentation. Quitte à surréagir sur les fuites.
Chez le sous-traitant Foxconn, suite à un retard de production, les ingénieurs sont sous pression et il y a une vague de suicides.
En 2008, il y a les premières alertes sur la santé de Jobs. Il a beaucoup maigri. Les marchés s'affolent.

On sait à la fois beaucoup et peu sur la vie de Steve Jobs. Paradoxalement, cet homme omniprésent dans le monde de l'informatique parle peu. Il continue de manger à la cantine d'Apple et donne des séminaires à l'université.

A l'été 2011, très diminué, il annonce qu'il quitte Apple. Et donc, début octobre, il s'est éteint des suites d'un cancer.

Hommage à Steve Jobs: 4. la renaissance d'Apple

Suite de l'hommage à Steve Jobs.

Ainsi, en 1997, il est rappelé par Apple comme "consultant". Peu après, il est nommé "PDG par intérim".
Déjà des légendes courent sur lui: il n'aurait accepté qu'un dollar symbolique comme salaire et une unique action de la société.

Peu après, Apple lance une campagne de pub "Think different" montrant des "grands Hommes" qui "pensaient différemment". La liste aurait été fournie par Jobs.
Notez que le slogan a été racheté à Pepsi.
En 1998, Apple lance sa première grande nouveauté depuis longtemps: le iMac.
C'est un ordinateur qui se veut simple à utiliser. Pour se démarquer du beige (qui, ironie de l'histoire, fut introduit par l'Apple II), il est proposé avec des boitiers transparents et en plusieurs couleurs.

Innovation pour l'époque: il ne dispose pas d'un lecteur de disquette. De plus, comme sur les autres Macintosh, l'écran sert également d'UC (ce qui réduit le nombre de branchements.)
Steve Jobs le dévoile sous la forme d'un show. Il compare les ordinateurs beiges à la Ford T (vendue uniquement en noir.) Mais à l'époque, cela reste encore une présentation commerciale classique, avec un Jobs en costume-cravate.
L'iMac permet à Apple de renaitre. Cet ordinateur est un succès. Certes, pour ses logiciels, le constructeur s'est associé à l'empire du Mal, Microsoft.

Néanmoins, à une époque où l'omniprésence de la firme de Seattle énerve (y compris à la Maison Blanche), Jobs est vu comme l'anti-Bill Gates.

Notez aussi le nouveau logo. Exit la pomme arc-en-ciel.

jeudi 6 octobre 2011

Hommage à Steve Jobs: 3. traversée(s) du désert

On a vu la fondation d'Apple et sa mise en orbite. Voici un épisode un peu oublié aujourd'hui: celui de la traversée du désert de Steve Jobs et d'Apple.

En 1985, Steve Jobs quitte Apple Computers. Au même moment, George Lucas divorce et subit le flop d'Howard: il a donc besoin d'argent.
Ainsi, Lucas vend à Jobs la division "effets spéciaux" de LucasFilm. Jobs la rebaptise "Pixar".

La spécialité de Pixar, ce sont les court-métrage en image de synthèse. Les débuts sont héroïques, mais à la fin des années 80, Pixar réalise plusieurs publicités.
En parallèle, Jobs de rééditer le succès d'Apple avec NeXT. Comme Apple, NeXT fournit ordinateur et logiciel (alors que des spécialistes du software comme Microsoft émergent.)
Il s'essaye déjà aux grandes messes où il se met lui-même en scène (il a même essayé la nuque longue.)
Mais les premiers ordinateurs ne se vendent pas.

En 1990, Jobs appelle le milliardaire Ross Peyrot à la rescousse et lance la NeXT Box, l'un des premiers ordinateurs avec accès à internet!

Puis en 1993, NeXT se concentre sur les logiciels. L'entreprise vivote avant d'être rachetée par Apple.
Pendant ce temps, Apple traverse un long passage à vide. Les ventes de compatibles PC explosent et les fabricants d'autres types d'ordinateurs disparaissent un à un.
Apple justifie son isolement par un positionnement haut de gamme (et surtout, un prix haut de gamme.)

Les nouveaux Macintosh n'apportent rien de très neuf, comme le Quadra, un soi-disant Multimédia. Quant à la tablette tactile Newton, c'est un flop.

Avec Windows 95, les PC deviennent plus faciles à utiliser pour le profane. De plus, grâce au matraquage marketing d'Intel, tout le monde veut un Pentium!
Les fans d'Apple font figure de n00b sectaires.
Dans ce contexte, l'avenir d'Apple semble bouché. C'est la valse des PDG.
En 1995, Pixar réalise son premier long-métrage, Toy story. La côte de Steve Jobs repart à la hausse.

En 1997, l'énième PDG d'Apple, Gil Amilio, embauche Steve Jobs comme "consultant". Un moyen de rassurer les investisseurs. Mais quelques mois plus tard, Amilio est licencié et Jobs, nommé "PDG par intérim"...

Hommage à Steve Jobs: 2. une start-up nommée Apple

Suite de l'hommage à Steve Jobs.

On l'avait laissé en 1976, lorsqu'Apple lance son premier ordinateur.

En 1977, Apple lance l'Apple II; son premier ordinateur vendu avec un boitier (qui fait UC et clavier) et un moniteur.
La grande nouveauté, c'est le lecteur de disquettes, à une époque où l'on utilise les bandes magnétiques.
C'est l'un des premiers ordinateur vendu clef-en-main aux particuliers. Divers logiciels sont proposés.
L'Apple II est un carton. En quelques mois, Apple connait une croissance exponentielle. L'entreprise est cotée en bourse et le cours de l'action flambe!

Mais il faut se souvenir qu'à la fin des années 70, il existe des dizaines de start-up prometteuses dans l'informatique grand public. Beaucoup disparurent au bout de quelques mois.

Apple elle-même frôle le naufrage. En 1980, l'Apple III doit à la fois succéder à l'Apple II et replacer Apple face à IBM et son fameux PC.
L'appareil est peu fiable. Apple conseille même de jeter l'UC de quelques centimètres pour le rebooter!
Du coup, c'est un flop commercial.

En 1983, le Lisa tente de sauver la marque. Pour info, "Lisa" est le nom du vélo de Steve Jobs!
Hélas, il est trop cher et son catalogue de logiciels trop limité.

Du jour au lendemain, le vent tourne et Apple devient la "star de l'année dernière".
Heureusement, l'Apple II continue de bien se vendre.
En 1984, Apple tente une deuxième fois de redresser la barre.
Le Macintosh (d'après le nom d'une variété de pomme) possède un design assez novateur pour l'époque. Cette fois, Apple essaye de vendre un ordinateur sans disque dur. De plus, il possède une souris (une révolution, en 1984.)

Déjà, c'est en terme de marketing qu'Apple frappe un grand coup. La pub montre qu'il y a d'un côté "Big brother" IBM et de l'autre, le "gentil" Mac.
Effectivement, il est d'emblée adopté par les artistes, architectes, publicitaires, etc. qui cherche un ordinateur "alternatif".
Et Jobs et Wozniak dans tout cela? Ils ont eu l'intelligence de ne pas s'accrocher à la direction opérationnelle de l'entreprise. Mais en conséquence, ils sont marginalisés (même s'ils conservent des parts non-négligeables de l'entreprise.)

En 1981, Wozniak est victime d'un grave accident d'avion. Il lui faut près d'un an pour retravailler et encore. Il quitte l'entreprise en 1987.

Quant au photogénique Steve Jobs, il est chef de projet du Macintosh. En conflit ouvert avec la direction, il claque la porte en 1985.
C'est le début d'un nouvel épisode...

Hommage à Steve Jobs: 1. les débuts d'Apple

En tant que propriétaire d'un Mac+ et d'un iPod, je suis attristé par la mort de Steve Jobs. Ce qui triste, aussi, ce sont les biographies très approximatives qui sont faites sur lui.

Voici donc, ma biographie illustrée de Steve Jobs.

Pour commencer, revenons aux années 70. A l'époque, les constructeurs ne s'intéressent qu'aux super-ordinateurs, destiné à la recherche, à la défense ou aux administrations. Ce sont machine chères, ultra-complexes et quasiment construites à l'unité. Des entreprises comme IBM, Nixdorf, Olivetti ou Bull possèdent quasiment des monopoles dans leurs pays respectifs.
Les ordinateurs pour PME et pour particuliers sont un terrain quasiment vierge. Tant au niveau des hardware, que du software
De jeunes informaticiens indépendant s'y lancent avec peu de moyens, mais beaucoup d'enthousiasme.

Le premier ordinateur "personnel", n'est pas un Apple et encore moins un IBM, mais l'Altair 8000 de 1975.
Il a eu un peu de succès. Mais il était beaucoup trop compliqué à appréhender pour le profane.
Parmi ces informaticiens, il y a Steve Jobs et Steve Wozniak. Pour schématiser, c'est l'alliance classique du technicien (Wozniak) et du commercial (Jobs.)
Plus précisément, on a d'un côté Steve Wozniak, le jeune informaticien qui construit et programme tout seul des ordinateurs. Il n'est pas écouté par son employeur, Hewlett-Packard.
De l'autre, il y a Steve Jobs. Un enfant adopté, un peu hippie (il a été jusqu'en Inde pour se trouver), qui se passionne pour les ordinateurs et a trouvé un boulot chez Atari.

Ils se rencontrent en 1971 et fondent Apple en 1976.
Sans Wozniak, Jobs n'auraient pas pu construire d'ordinateurs. Mais sans Jobs, Wozniak serait probablement devenu un aigri avec plein de projet mort-nés.

Jobs trouve les mots pour convaincre Wozniak de fonder avec lui une entreprise.
Apple est une de ces histoires comme les Américains les adorent: deux jeunes (45 ans à eux deux) qui montent une boite dans un garage, avec une poignée de dollars.
Pourquoi "Apple"? Parce que faute de moyens, ils ne mangent que ça!

On le voit sur cette pub, le premier ordinateur d'Apple n'est qu'une carte-mère.
Charge au client de trouver le reste!