Cette semaine, cela fait 17 ans, 8 mois et 20 jours que Sega a arrêté de fabriquer des consoles de jeu. C'est à dire que la marque a passé davantage de temps à ne concevoir que des jeux, qu'à concevoir jeux et consoles.
En 1940, l'Amérique décide de stationner des bataillons entiers à Hawaï. Comme on le voit au début du film Pearl Harbor, les soldats s'ennuient ferme. Trois investisseurs créent la société Standard Games. Elle installent des machines à sous dans les bases Américaines.
Après la guerre, c'est au Japon que l'Amérique déploie des soldats en masse. Standard Games y ouvre une filiale, Service Games (Sega.) En 1957, Rosen Entreprises ouvre lui des photomaton dans les bases militaires US. Service Games, qui a acquis son indépendance, rachète Rosen Entreprises. L'entreprise se diversifie. En 1968, elle lance son premier jeu d'arcade : Periscope.
Il y a une polémique autour de Periscope, car en 1967, Namco avait lancé un jeu identique baptisé... Periscope. Celui de Sega est-il un clone ou une production sous licence ?
Mais l'histoire n'est pas finie. Sega est racheté par Gulf+Western. L'entreprise se recentre sur les jeux d'arcades et investit le marché Américain. Mais ce n'est pas l'un des grands acteurs du marché.
A la fin des années 70, Sega s'offre Gremlins et il monte enfin en puissance. Avec Frogger (1981), il tient son premier hit. Puis c'est Zaxxon (1983), un shoot'em up en pseudo-3D et en couleur, deux innovations pour l'époque.
Néanmoins, aux USA, les salles d'arcades se désertent. On les accuse d'être tenue par la mafia, d'être des lieux de deal, de prostitution, etc.
Sega se réorganise et quitte brièvement le marché Américain. En 1983, il se lance dans les consoles avec la SG-1000. Les ventes sont supérieures aux prévisions. Pour autant, face à la Famicom de Nintendo, la SG-1000 existe à peine...
En 1985, comme son rival, Sega débarque au CES de Las Vegas. Son arme s'appelle la Master System, une évolution de la SG-1000. Et comme Nintendo, il privilégie la grande distribution, là où les autres constructeurs (Atari, Amiga, NEC...) restent fidèles aux boutiques d'informatique. Au même moment, les salles d'arcades retrouvent des couleurs. Sega peut donc capitaliser son image "arcade". Le catalogue de la Master System est donc composé de portages internes (Out Run, After Burner...), mais aussi de portages de jeux développés par d'autres, comme Vigilante.
Les parents sont inquiets face au déferlement des consoles de jeu et autres ordinateurs personnels. Comme au temps des salles d'arcades, des rumeurs sont maquillées en études scientifiques. Cette fois, elles leur font croire que ces machines grillent les neurones de leur bambins.
Nintendo fait tout pour les rassurer. Ses jeux sont "intelligents" voire "éducatifs".
Sega joue lui aussi l'apaisement. Mais la Master System est à la traine face à la NES. Il faut se différencier. Il lance la Mega Drive à noël 1988 (elle n'arriva en occident qu'en 1989.) C'est une console 16-bits, là où les NES et Master System sont du 8-bits. Surtout, le catalogue est orienté gamers. Là, où Nintendo cible les pré-ados, Sega vise les ados avec des jeux de tirs et de la baston. Pour ses pubs, on voit des punks se prendre une raclée ! On est loin du monde merveilleux de Mario...
Sega a trouvé son public. Nintendo vend davantage de consoles, mais il traine une image de marque bon enfant.
Sega plait davantage aux décideurs. Il peut multiplier les licences avec Disney ou un Michael Jackson au fait de sa gloire. Ayrton Senna parraine Super Monaco GP II. Sa McLaren se fait battre par les Williams ? Pas de problèmes, Sega sponsorise l'équipe rivale !
Il lui manquait une mascotte. Ce sera Sonic, le hérisson ultra-rapide.
Au début des années 90, Sega, N°2 mondial des jeux vidéos, est au fait de sa gloire.
Hélas, Sega s'avère incapable de préparer l'après-Mega Drive. La Game Gear, réponse maladroite à la Game Boy est lourde, chère et son autonomie est ridicule (à cause de l'écran couleur.) Le Sega-CD, à greffer sur une Mega Drive, n'apporte qu'un nombre limité de jeux. Idem pour la 32X, qui transforme la console en 32-bits.
Pendant ce temps, la Super NES et surtout, la Playstation (devenue par la suite PS1) débarquent...
En 1994, quelques mois (!) après le lancement de la 32X, Sega lance la Saturn. Il y a une grave crise chez le constructeur. Tous les cadres dirigeants démissionnent ou sont écartés.
La Saturn propose quelques jeux intéressants comme Virtua Fighter ou Daytona 500. Comme d'habitude, ils ont porté leurs bornes d'arcade. Néanmoins, Nintendo a vérouillé ses éditeurs tiers, avec des contrats d'exclusivité. D'où un catalogue limité. Quant à Sony, sa PS1 possède de meilleurs graphismes. En quelques années, il s'impose face au duopole historique Sega-Nintendo. Les fans ont migré.
En 1999, la Dreamcast débarque, afin de devancer la PS2. Pour réparer les erreurs de la Saturn, elle offre d'emblée une bibliothèque plus large. Sonic est remis en avant.
La production ne suit pas et la Dreamcast se retrouve en rupture de stock. Quant à ses jeux en ligne, personne ne les utilise (on en est encore aux modem 56k.) Puis en 2000, la PS2 apparait. C'est un tsunami.
En mars 2001, Sega produit sa dernière Dreamcast.
Dans les années 90, les PC deviennent assez performant pour pouvoir jouer dessus. Sega s'accroche au wagon, en proposant des portages PC de ses jeux. A l'arrêt de la Dreamcast, il devient exclusivement éditeurs de jeux. En 2003, la marque est rachetée par Sammy.
Mis à part Yakuza ou Bayonetta, Sega n'a guère marqué les esprits avec ses lancements. Il squatte surtout les boutiques en ligne de la PS3 et de la Xbox. Finalement, c'est avec l'ex-ennemi-intime Nintendo qu'il reprend des couleurs. Voir Sonic et Mario, ensemble dans un jeu, c'est tout simplement surréaliste !
Aujourd'hui, Sega est un acteur mineur des jeux vidéos. Il surfe surtout sur la nostalgie, avec de nouveaux Sonic et une Mega Drive Mini.
Affichage des articles dont le libellé est Mega-CD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mega-CD. Afficher tous les articles
vendredi 21 décembre 2018
dimanche 19 mars 2017
Lethal enforcers (1992)
En fouillant les archives de Konami, j'ai trouvé ce visuel de Lethal Enforcers.
C'est amusant de voir comment les Japonais imaginaient la police
américaine, au début des années 90... Des beaux gosses mal rasés avec
des équipières sexy (en débardeur durant toute l'année) et qui tirent
sur tout ce qui bouge...
Lethal Enforcers est un jeu typique des salles arcades : deux joueurs doivent abattre de méchants gangsters, sans sommation, dans un Chicago d'opérette.
La nouveauté de ce jeu, c'était la modélisation des sprites d'après des photos. Ca rendait très bien... Jusqu'à ce que le sprite bouge, car il a alors la souplesse et le rendu d'une silhouette en carton.
Lethal Enforcers est un jeu typique des salles arcades : deux joueurs doivent abattre de méchants gangsters, sans sommation, dans un Chicago d'opérette.
La nouveauté de ce jeu, c'était la modélisation des sprites d'après des photos. Ca rendait très bien... Jusqu'à ce que le sprite bouge, car il a alors la souplesse et le rendu d'une silhouette en carton.
jeudi 9 août 2012
Sexe, mensonges et [jeux] vidéo: 7. Night trap (1993)
Ce qui fait le sel d'un jeu vidéo, c'est parfois les controverses qui l'entourent. Avec Night trap,
on est servi. Plusieurs grandes surfaces refusèrent de le vendre et
suite à ce jeu, l'état américain décida de mettre en place un système de
codification (déconseillé aux moins de 12 ans, etc.)
Ajoutez-y une jaquette qui a tendance à survendre le jeu et votre ado est tout émoustillé ! S'il est presque interdit, ça veut dire que ce jeu doit être terrible, non?
"Je vais acheter Night trap ! C'est un quasi-porno !"
Le pitch: 5 jeunes filles ont disparu dans une chambre d'hôte. 5 autres jeunes filles se rendent au même endroit. Pour enquêter, le groupe d'intervention Sega (?) envoi un agent (Dana Plato) pour s'infiltrer parmi les jouvencelles (qui se baladent uniquement en nuisettes.)
La grande nouveauté, c'est que le jeu est réalisé à partir de scènes filmées, puis digitalisées.
A l'origine, c'était un jeu pour la console Nemo d'Hasbro (un projet mort-né.)
Sega, qui manquait cruellement de jeu pour son Sega-CD, décida de le porter.
La star du casting, c'est Dana Plato (alias Virginia Drummond dans Arnold et Willy.) Arnold et Willy est vu comme une série maudite: tous les acteurs ont ensuite eu de graves problèmes judiciaires et financiers. En 1993, Plato est déjà prête à tout pour remplir un peu son compte en banque (y compris des choses illégales.)
Autant dire que de la voir au générique n'est pas un bon présage...
On comprend vite pourquoi elle a du mal à décrocher des auditions: dans Night trap, elle en fait des tonnes ! A plusieurs moments, elle "parle" au joueur. Mais certains regard-caméra sont eux, imprévus... Et le pire, c'est qu'elle s'en sort mieux que les autres !
Le joueur s'attend à un slasher interactif ou une 7th guest sexy. Néanmoins, au final, il se retrouve avec un téléfilm fauché de la TNT! En plus, c'est un moyen-métrage (un CD-Rom ne peut contenir que quelques dizaines de minutes de vidéo et vu qu'il y a plusieurs possibilités d'enquête...) Quant aux scènes "chaudes", ça se limite à Dana Plato qui se penche en avant, vers la caméra (bonjour la finesse de la réalisation...)
It's a trap !
Ajoutez-y une jaquette qui a tendance à survendre le jeu et votre ado est tout émoustillé ! S'il est presque interdit, ça veut dire que ce jeu doit être terrible, non?
"Je vais acheter Night trap ! C'est un quasi-porno !"
Le pitch: 5 jeunes filles ont disparu dans une chambre d'hôte. 5 autres jeunes filles se rendent au même endroit. Pour enquêter, le groupe d'intervention Sega (?) envoi un agent (Dana Plato) pour s'infiltrer parmi les jouvencelles (qui se baladent uniquement en nuisettes.)
La grande nouveauté, c'est que le jeu est réalisé à partir de scènes filmées, puis digitalisées.
A l'origine, c'était un jeu pour la console Nemo d'Hasbro (un projet mort-né.)
Sega, qui manquait cruellement de jeu pour son Sega-CD, décida de le porter.
La star du casting, c'est Dana Plato (alias Virginia Drummond dans Arnold et Willy.) Arnold et Willy est vu comme une série maudite: tous les acteurs ont ensuite eu de graves problèmes judiciaires et financiers. En 1993, Plato est déjà prête à tout pour remplir un peu son compte en banque (y compris des choses illégales.)
Autant dire que de la voir au générique n'est pas un bon présage...
On comprend vite pourquoi elle a du mal à décrocher des auditions: dans Night trap, elle en fait des tonnes ! A plusieurs moments, elle "parle" au joueur. Mais certains regard-caméra sont eux, imprévus... Et le pire, c'est qu'elle s'en sort mieux que les autres !
Le joueur s'attend à un slasher interactif ou une 7th guest sexy. Néanmoins, au final, il se retrouve avec un téléfilm fauché de la TNT! En plus, c'est un moyen-métrage (un CD-Rom ne peut contenir que quelques dizaines de minutes de vidéo et vu qu'il y a plusieurs possibilités d'enquête...) Quant aux scènes "chaudes", ça se limite à Dana Plato qui se penche en avant, vers la caméra (bonjour la finesse de la réalisation...)
It's a trap !
dimanche 25 novembre 2007
Penn & Teller's smokes and mirrors/Desert Bus (1995)
L'objectif ultime du geek, c'est de connaître les jeux les plus obscurs (et qui, souvent, n'intéressent personne.) Desert Bus, vous connaissez?
Penn & Teller's smoke and mirrors était un jeu basé sur deux magiciens (Penn et Teller) célèbres aux USA. Donc, déjà, ça réduit le public potentiel en France. En plus, il était destiné à la 3DO ou au Sega-CD (là, on peut réunir les fans dans une cabine téléphonique.)
Sauf que, juste avant la sortie, Absolute Entertainement, l'éditeur, a fait faillite. Virgin a racheté son catalogue, mais comme seule la version Sega-CD du jeu était prète, Penn & Teller's smokes and mirrors est parti aux oubliettes.
Dans cette espèce de jeu de plateforme, il y avait des minijeux. La plupart étaient basés sur la magie (en démontant les trucs des magiciens.) Comme à l'époque (déjà) les lobbys familiaux US disaient que les jeux vidéos formaient des violeurs et des assassins par poignées, Absolute Entertainement a eu l'idée d'un minijeu où il ne se passe rien, jusqu'à la caricature.
Dans Desert bus, vous conduisez un bus de Tucson à Las Vegas. Durée du trajet: 8 heures. Le décor ne bouge pas et il n'y a pas de virages. En plus, impossible de mettre le jeu en pause et si vous vous plantez, retour à Tucson!
Heureusement, grâce au net, Desert Bus est sorti des limbes et des geek s'amusent donc à conduire le bus pendant 8 heures, sans faire de pause!
Penn & Teller's smoke and mirrors était un jeu basé sur deux magiciens (Penn et Teller) célèbres aux USA. Donc, déjà, ça réduit le public potentiel en France. En plus, il était destiné à la 3DO ou au Sega-CD (là, on peut réunir les fans dans une cabine téléphonique.)
Sauf que, juste avant la sortie, Absolute Entertainement, l'éditeur, a fait faillite. Virgin a racheté son catalogue, mais comme seule la version Sega-CD du jeu était prète, Penn & Teller's smokes and mirrors est parti aux oubliettes.
Dans cette espèce de jeu de plateforme, il y avait des minijeux. La plupart étaient basés sur la magie (en démontant les trucs des magiciens.) Comme à l'époque (déjà) les lobbys familiaux US disaient que les jeux vidéos formaient des violeurs et des assassins par poignées, Absolute Entertainement a eu l'idée d'un minijeu où il ne se passe rien, jusqu'à la caricature.
Dans Desert bus, vous conduisez un bus de Tucson à Las Vegas. Durée du trajet: 8 heures. Le décor ne bouge pas et il n'y a pas de virages. En plus, impossible de mettre le jeu en pause et si vous vous plantez, retour à Tucson!
Heureusement, grâce au net, Desert Bus est sorti des limbes et des geek s'amusent donc à conduire le bus pendant 8 heures, sans faire de pause!
Inscription à :
Articles (Atom)

















