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jeudi 3 juin 2021

Tonka Raceway (1999)

Fut un temps où TOUTES les licences se devaient d'avoir un jeu de course. Même Tonka a cédé à la mode...
 

Tonka, c'est la success story. Une PME Américaine de l'après-guerre qui a fait fortune avec une pelleteuse en métal, destinée aux jeunes enfants. La légende voudrait que lors de la construction de leur seconde usine, ils ont observé les engins de chantiers. C'est ainsi que naquit notamment leur best-seller, le Mighty Dump.

A partir des années 60, chaque petit garçon Américain possédait forcément ce dumper.

Dans les années 70, Tonka tenta -sans succès- de se diversifier. Alors, il choisit la croissance externe. En 1987, il racheta Kenner Parker. Ensemble, ils se spécialisèrent dans les licences de films et de dessins animés (Batman, SOS Fantômes...) Ils n'hésitèrent pas non plus à coproduire des dessins animés, qui n'étaient que des véhicules pour leurs jouets (Mask, Bisounours, Gobots...)

A l'époque, consoles et ordinateurs étaient vendus chez des "magasins d'informatique". Pour l'Europe, Nintendo s'appuya sur Bandaï, avant d'être référencé en GMS. Sega fit de même avec Tonka, pour les Etats-Unis.
Le fabricant de jouets poussa le Japonais a adapter des jeux réservés au Japon (avec un talent pour dénicher le pire du catalogue.) Tonka poussa également à des portages de jeux Parker (Monopoly, Risk...) Sans surprise, ce fut un bide.

En 1991, Tonka fut lui-même racheté par Hasbro. Comme Mattel, Hasbro sentait que les jeux vidéos étaient en train de conquérir un public toujours plus jeune. Tant qu'à faire, autant que les bambins jouent avec des licences Hasbro.

Comme Tonka était connu pour ses engins de chantier, pourquoi ne pas faire un jeu de construction, pour un très jeune public ? Infogrammes fut chargé du développement. Ça donna Tonka Construction, pour PC, en 1996.

Jeu cohérent, Tonka Construction connu un succès certain. Hasbro et Infogrammes n'ayant aucun scrupules, il enchainèrent avec Tonka Search & Rescue, Tonka Garage, Tonka Construction 2 et en 1999, Tonka Raceeway.

L'intro est alléchante, avec deux véhicules faisant la course sur une piste en terre battue.

Joe Tonka, qui nous accueillait dans Tonka Construction, a enfilé une combinaison de pilote. Il nous guide dans les menus. Suzy Sparks, la journaliste, est un nouveau personnage, qui commente les résultats.

Le jeu propose différents modes. Course en solo, courses à deux (contre l'ordinateur) ou la possibilité de bricoler et personnaliser votre bolide. Ensuite, vous pouvez choisir de courir avec une simili-Nascar, une simili-F1, une dépanneuse ou un dumper (!) Il existe également différents circuits.

Les courses sont en vue de dessus.

Comme le jeu s'adresse à de jeunes enfants, le niveau de difficulté est au raz des pâquerettes. L'ordinateur passe son temps à sortir de la piste et les circuits sont rectangulaires.

Et bien sûr, tous les véhicules ont à peu près les mêmes performances, le même comportement et le même bruit de moteur !

En 1999, on savait tout de même faire beaucoup mieux, côté graphiques...

La version Game Boy Color proposait une vue 3D avec de meilleurs graphismes. De plus, il y avait la possibilité d'affronter trois adversaires.

Il y avait un côté très imaginaire enfantin, avec un monster truck affrontant un bulldozer, un camion de chantier et un monoplace dans une jungle d'opérette.

En 2000, Hasbro vendit Tonka à Funrise. Infogrammes, lui, récupéra la licence Tonka et il poursuivit les lancements de jeux jusqu'en 2006.

Notez qu'il n'y eu jamais de Tonka Raceway 2...

lundi 8 février 2021

Hooters ProCup Racing (2002)

Un autre jeu à la gloire d'un championnat obscur : Hooters ProCup Racing, d'Infogrammes. Il est sorti en 2002.

En France, "stock-car", "Nascar" et "Cup" sont synonymes. Néanmoins, il existe quantité de championnats régionaux ou semi-professionnels de stock-car. Dont la CARS Tour, qui s'appelait Hooters ProCup Racing à l'origine.

Robert Brooks avait créé une entreprise, qui vendait à l'origine du café, pour servir à bord des avions. En 1984, il racheta Hooters. C'était un chaine de restaurants servant des hamburgers et du poulet frit. Particularité : des serveuses sexy, légèrement vêtues. Grâce à Brooks, Hooters s'étendit hors de son fief Floridien et devint une chaine nationale.

En 1993, Mark Brooks, son fils ainé, mourut dans un accident d'avion avec le champion de Nascar Alan Kulwicki et deux autres personnes. En hommage, Robert Brooks fonda une série de stock-cars, l'Hooters ProCup Racing. Elle débuta en 1997.

Le jeu est donc inspiré par la série.

L'écusson blanc et orange porte les initiales des quatre victimes de l'accident de 1993.

L'intérêt du jeu, c'est son exotisme. On peut rouler sur de petits ovales avec les pilotes de la discipline.

Et sur chaque écran de chargement, il y a ds jeunes filles ayant de la conversation...

La première alerte, c'est lors du choix des voitures. En 2003, on savait déjà faire de meilleurs graphiques...

Pour info, vous aviez deux voitures sponsorisées par le patron : celle d'Hooters et celle de Naturally Fresh (l'entreprise de café, reconvertie dans les sauces.)

Ensuite, vous aviez quantité de réglages sur la voiture.

A chaque course, vous pouviez rouler en essais libres, effectuer des qualifications ou bien directement passer à la course. Si vous ne vous qualifiez pas, vous débutiez la course bon dernier.

Confirmation : les graphismes étaient carrément dépassés pour 2003. Tant dans la modélisation de l'habitacle, que de celle de la voiture. Daytona USA faisait mieux, 8 ans plus tôt !

Notez que vous pouviez changer la vue.

En bon jeu Infogrammes, il était extrêmement difficile. Les autres voitures ont tendance à jouer les kamikazes. Or, à chaque tête-à-queue, à chaque tonneau, il y a plusieurs tours sous drapeaux jaunes. En conséquences, les 30 tours de courses se limitaient à une succession de drapeaux jaunes, avec de très rares tours où vous pouvez remonter vos adversaires.

Au moins, votre voiture est indestructible.

Un sujet confidentiel, des graphismes dépassés et une difficulté extrême : Hooters ProCup Racing était bon pour les oubliettes.

En 2003, Robert Brooks prit sa retraite. Coby Brooks, son fils cadet, lui succéda à la tête de Hooters et de Naturally Fresh. Mais comme il était nul, le père dut reprendre la main. Books Sr passa l'arme à gauche en 2006. Sa deuxième épouse Tami et leur fille Boni se bâtirent pour les droits de succession, face à Coby Brooks (issu d'un premier lit.)
Brooks Jr fut contraint de revendre la ProCup Series, puis Hooters et enfin, Naturally Fresh.

Pour se remonter le moral, voici un écran de chargement :

mardi 15 janvier 2019

Prost Grand Prix (1998)

Attention les yeux, voici un jeu vidéo complètement loupé : Prost Grand Prix !

A l'hiver 1997, Alain Prost rachetait l'écurie Ligier, qu'il renomma Prost Grand Prix. Depuis sa retraite, fin 1993, le quadruple champion de F1 avait noué pas mal de relations et il avait beaucoup étudié les différents modèles économiques. Du coup, Prost en était persuadé : une grande équipe de F1, ce n'est pas que des résultats. Il faut aussi créer un engouement auprès du grand public et fidéliser des partenaires. Pour la saison 1998, la première vraie saison de l'équipe, il débarqua avec tambours et trompettes, aux côtés d'annonceurs près à le suivre jusqu'au bout du monde (Agfa, Alcatel, Canal+...) et des produits dérivés (dont un jeu vidéo...)
En quelques années, Canal + s'était faite une place au soleil dans le paysage audiovisuel français. Sous l'impulsion d'une Compagnie Générale des Eaux devenue Vivendi, elle souhaitait conquérir le monde. La F1 faisait parti de cette stratégie, avec la mise en place du Kiosque : une diffusion multi-angle (payante) des Grand Prix où le téléspectateur pouvait jouer lui-même les réalisateurs. Canal + Multimédia était un petit éditeur de jeu vidéo, essentiellement des licences C+ (comme Les Guignols de l'Info.) Lui aussi, avec Vivendi, il devait changer de dimension.
Les attentes étaient donc énormes autour de Prost Grand Prix. L'écurie de F1 comptait sur lui pour toucher le grand public et acquérir une large base de supporters, qu'elle pourrait vendre à des partenaires. Quant à Canal+ Multimédia, il espérait que ce serait un premier pas vers des jeux plus ambitieux.

Il fut co-développé par Ocean et Infogrammes. Visiblement, ils se sont beaucoup inspiré de Grand Prix 2 de Micropose, sorti 3 ans plus tôt. Il était exclusivement commercialisé sur PC.

Le jeu commence par une liste de toutes les personnes qui ont travaillé sur le jeu, puis l'ont voit quelques photos de l'équipe et de la voiture. Puis, comme dans Grand Prix 2, il y a de nombreux écrans de réglage, avec la possibilité de courir le championnat ou de visiter les circuits de F1 pour une course one-shot. Bien sûr, vous ne pouvez piloter qu'une voiture, la Prost Grand Prix.
Puis c'est la course... Les graphismes sont au niveau de Grand Prix 2, sauf que 3 ans après, on savait déjà faire de meilleurs rendus 3D...

En 1998, beaucoup de gens avaient des PC en configuration bureautique, sans carte graphique, ni carte son. Le son midi de Prost Grand Prix était particulièrement affreux. Ensuite, si vous aviez assez de RAM, vous pouviez augmenter la configuration. Mais là, vous risquiez le lagging...

Contrairement à Grand Prix 2, vous n'aviez pas de dommage. Même après un beau tour sur la pelouse, vous pouviez reprendre la piste comme si de rien n'était !
Et puis globalement, on avait l'impression que c'était un travail vite-fait, mal-fait. L'équipe de F1 n'avait fait que fournir quelques photos. Ils n'avaient même pas pris la peine de prendre la pose pour les futures scènes du jeu. Voici donc Prost Grand Prix célébrant une victoire :
Jeu oubliable, Prost Grand Prix n'a guère été aidé par les circonstances. L'écurie naviguait en fond de grille. En 1999, elle décrocha un podium très chanceux. Mais ce fut insuffisant. Les sponsors claquèrent la porte. Quant à Vivendi, dès 2000, il commença à boire la tasse. Canal+ Multimédia fut fondu dans Infogrammes.

En 2000, les rêves de grandeurs étaient déjà loin. Prost Grand Prix était dans une opération survie, avec des partenaires de seconde zone. L'écurie ferma ses portes à l'hiver 2001-2002.

mardi 17 juin 2014

Atari revient !

En ce moment, l'industrie du jeu vidéo est focalisée sur les nouveautés présentées à l'E3. Il n'y en a que pour les grosses machines de guerre. La renaissance d'Atari n'a droit qu'à un entrefilet.

Atari, c'est une entreprise dont le principal titre de gloire est d'avoir survécu. A la fin des années 70, le concept de jeu vidéo émerge. Des dizaines de start-ups apparaissent. Et beaucoup disparaissent aussi sec. Atari est la première vraie réussite, à la fois dans les bornes d'arcades et les machines de salon. La 2600 est la première vraie console avec jeux interchangeables. En 1983, le marché est saturé. Atari -et Commodore- se reconvertissent dans les ordinateurs ludiques (à l'heure où les PC sont réservés aux pros.) Le ST s'adresse au gamer déjà ado (alors que Nintendo et Sega visent plutôt les pré-ados.) Les retours dans les consoles sont des bides : la 7200 est ringardisée par la NES, la Lynx (bien qu'en couleur) souffre face à la Game Boy et ce n'est pas avec ses 3 jeux que la Lynx va s'imposer... Avec le processeur 486 et Windows 3.1, les PC deviennent plus puissants et plus polyvalents. Le ST est attaqué dans son fief et le TT fait long feu. Au milieu des années 90, Atari disparait et tout le monde s'en fout. On n'a d'yeux que pour Sega et Nintendo.
On retrouve Atari au début des années 2000, grâce à Infogrammes. En fait, l'entreprise française transfère ses actifs vers Atari, pour mieux saborder l'ex-Infogrammes derrière (et se débarrasser de ses employés.) Mais la vie d'un éditeur de jeu n'est pas de tout repos et ce nouvel Atari périclite de nouveau.

Depuis les années 80, Atari s'est vu en sous-IBM, puis en sous-Nintendo et enfin en sous-Electronic Arts. Son nouveau modèle ? Etre un sous-King ! Ainsi, Atari veut faire des jeux "casual" pour portables (à quand Pac-Man crush saga ?) et exploiter sa "marque" (autrement dit, faire des produits dérivés.)

lundi 5 juin 2006

24 heures du Mans (2000)

Les jeux sur LA course d'endurance sont rares. Playstation s'attaque au sujet avec 24 heures du Mans (d'autant qu'en parallèle, il sponsorisait les Viper officielles.) Un jeu réaliste

Notez que curieusement, aux USA, il s'appelait Test drive : Le Mans.

Beetle crazy cup (2000)

A ne pas confondre avec Beetle Adventure Racing pour Nintendo 64. Ici, vous courrez entre Cox' et dérivés (baja Bug, Karmann...) Comme dans 1nsane, c'est le fun qui prime sur le réalisme.

mercredi 31 mai 2006

V-Rally (1998)


Après la F1, c'est au tour des simulations de rallye de gagner en réalisme et crédibilité. V-Rally était la réponse d'Infogrammes et Sony à Sega Rally.


L'un des défauts de Sega Rally, c'était de ne proposer que trois voitures : une Celica GT-Four obsolète en 1997, une Lancia Delta retraitée depuis longtemps, sans parler de la mamie Lancia Stratos...

Dès la jaquette, V-Rally annonce la couleur : du neuf ! Toutes les WRC 1997 y sont : Impreza WRX, Focus WRC et Mitsubishi Evo... Ainsi que les kit-car et les Super 1600 ! En prime, il y a des véhicules historiques à débloquer (R8 Gordini, A110, 405 Pikes Peak...)

Les gamers se plaignaient que la Delta et la Celica GT-Four avaient le même comportement routier ? Pour V-Rally, Infogrammes embaucha Ari Vatanen comme metteur au point.
L'ex-champion de rallye tentait un retour en WRC après des années en rallye-raid. Les écuries ne se bousculaient pour embaucher le quadragénaire. Alors il fut bien content de trouver un job chez Infogrammes. D'autant plus que l'éditeur le sponsorisait en rallye.

Notez que comme Sega Rally, on peut jouer à deux. Les deux joueurs roulent sur le même parcours, en même temps. D'où la tendance à pousser l'autre dans le décor... Enfoiré !


Aux USA, il est distribué par Electronic Arts. Il est rebaptisée Need for Speed V-Rally. Toute mention d'Infogrammes y est effacée.

D'ailleurs, V-Rally fit la fortune d'Infogrammes. Méconnu hors de France, l'éditeur racheta Atari et en repris le nom, dans la foulée.