jeudi 26 février 2026

Sortie de route pour Nacon


Mauvaise nouvelle pour les fans de jeux de WRC : Nacon (ex-Big Ben Interactive) a déposé le bilan.


Nacon, c'est le cas d'école du petit studio qui a voulu grandir, à coup de rachats. Mais derrière, les ventes ne suivaient pas.

A moins d'un repreneur providentiel, ça sent le sapin.

Nacon avait édité la série des WRC. WRC 9 a fait un peu de buzz suite à son partenariat avec Toyota.

Il venait de récupérer l'imprimatur du championnat du monde de rallye. Un jeu (WRC 11 ?) était prévu pour 2027.

Nacon avait succédé à EA Sports, comme éditeur du jeu officiel du WRC. Qui a joué à WRC ? Pas tous en même temps !

Car le problème dépasse celui d'un éditeur financièrement défaillant.

Historiquement, les jeux de rallye ont vraiment décollé au milieu des années 90 : Sega Rally, V-Rally, Colin McRae Rally... Les consoles, puis les PC, pouvaient enfin retranscrire les dénivelés, les pertes d'adhérences, les jump... Mais au-delà du progrès technique, il y avait un engouement pour le WRC. Il y avait de belles voitures, des pilotes charismatiques... Playstation alla jusqu'à sponsoriser Sébastien Loeb et à organiser des évènements autour de l'Alsacien.

Le public s'intéressait au WRC, donc il réclamait des jeux.

Le WRC actuel n'intéresse plus grand monde. Des pilotes transparents, des constructeurs qui ne font aucun effort, des rallyes interchangeables... Cela déteint sur les ventes de jeux dédiés. WRC s'est vendu à 330 000 unités en trois ans. C'est mieux que les 99 000 unités de WRC 10 de Nacon, mais c'était insuffisant pour EA Sports. 

Dès 2025, EA Sports avait jeté l'éponge. Nacon n'avait décroché une licence disputé ; elle a repris une licence dont personne ne voulait.

Pourquoi s'embêter à payer à prix d'or la licence du WRC ? Regardez ce que fait Sony Interactive : une DLC de Gran Turismo 7 avec une 930 rally, une R5 Maxi, une Stratos, le tout sur une spéciale en terre battue et ça vous fait la rue Michel ! 

Alors faute d'intéresser les majors, le WRC doit prospecter des seconds couteaux, au modèle économique plus fragile.

L'annonce de Nacon tombe à quelques jours de son keynote, planifié pour le 4 mars. L'éditeur devait y dévoiler un jeu sur le WEC. Autre discipline sans jeu dédié, depuis des années.

La mésaventure de Nacon rappelle le crash de Motorsport Games. L'éditeur devait réaliser des jeux sur l'Indycar, les 24 heures du Mans, le BTCC et le Nascar.

On voit bien qu'en dehors de la F1, il devient très compliqué de créer des jeux vidéos dédiés à une discipline.

jeudi 19 février 2026

POLYGON CITY (2025)

Mon ancienne boite mail est toujours active ! En faisant le ménage dedans, j'ai découvert un communiqué de novembre dernier : Peugeot s'est offert une île virtuelle dans Fortnite. Une opération dans le cadre de la présentation du concept-car Polygon.

L'île prend la forme du volant "Hypersquare" du concept-car.

Le but, c'est d'effectuer des mini-jeux, récompensés par des tokens. Une fois les Token accumulés, on peut voir le concept-car Polygon.


Je suis dubitatif sur l'opération. En fait, je suis réservé sur toute collaboration entre constructeurs et jeux vidéo : à tout les coups, ils perdent.
Soit les constructeurs misent sur une valeur sûre, comme Fortnite. Mais le temps de faire valider le projet jusqu'en haut, puis de coder tout cela, le jeu est devenu moribond. Gameloft est avare en chiffres d'audience et de revenus générés par le jeu depuis 2022 et c'est mauvais signe.
Le constructeur mise sur un jeu très attendu ? S'il s'avère être une bouse, ce sera une perte sèche, comme Peugeot avec Cyberpunk 2077.
Ou alors, vous risquez un report à la Saint Glinglin, qui ruinera votre time to market, comme Jaguar avec Gran Turismo 7.

La solution la plus simple, ça serait un mini-jeu pour smartphones, comme dans les années 2010. Le constructeur peut ainsi maîtriser le calendrier. Après, c'est sûr que c'est compliqué de "vendre" cela à un conseil d'administration...

samedi 20 décembre 2025

Aston Martin x Fortnite (2025)


Aston Martin débarque dans Fortnite (et dans Rocket League !) Vous pourrez y jouer avec la Valhalla. Notez qu'en 2021, il était possible de jouer à Rocket League avec le concept-car de la Valhalla.

Le partenariat peut étonner. Côté Aston Martin, la motivation est évidente : l'argent. Cela fait quelques années que le constructeur est partenaire de tels jeux, sans s'impliquer davantage.

Côté Epic Games, on a connu des jours meilleurs. Tous les jours, 1,3 millions de personnes jouent à Fortnite. Mais depuis février, le nombre de joueurs diminue mois après mois. En 2024, il y avait des pointes à 15 millions de joueurs en simultané. Aujourd'hui, le cap des 3 millions est compliqué à atteindre. On note que les meme ont disparu, ce qui trahit la fin d'une mode.
Epic Games voudrait donc relancer Fortnite avec des licences pas trop chères...

mardi 16 décembre 2025

Totally Legit Wheeler Seller (2026 ?)


Voici un jeu très original : devenez un vendeur de voitures d'occasion marron ! Humour et deuxième degré au programme.

L'éditeur, Simplicity Games, s'apprête à sortir Cheap Car Repair. Il s'agit d'effectuer des réparations de fortune, pour faire rouler des épaves.

Totally Legit Wheeler Seller (NDLA : vendeur de bagnole vachement réputé) vire dans la caricature : il faut y maquiller des épaves !

Première étape : acheter des épaves. Buvez un coup de vodka : grâce à l'alcoovision, vous verrez les points faibles de la voiture ! Vous pouvez dialoguer avec le vendeur, forcément de mauvaise foi.


Ensuite, il faut "réparer" la voiture. Utilisez des pelletés de mastic sur les bosses, redonner de la couleur au pneu avec du cirage, remontez le compteur kilométrique... Au pire, vous pouvez souder l'avant d'une épave avec l'arrière d'une autre (ce que l'on appelle un "Frankenstein" dans les Pays Baltes.)

Ensuite, prenez en photo votre voiture. Il y a bien sûr un logiciel de retouches.

Et voilà, vous pouvez mettre en vente votre beauté sur un site de voitures d'occasion !

Surtout, n'oubliez pas de soigner la décoration de votre show-room de voitures d'occasion ! J'adore le décor, typique des campagnes reculées d'Europe Orientale.

Ce jeu pour Steam n'a pas encore de date de sortie prévue.

mardi 25 novembre 2025

Le Land Rover de Lara Croft


Tomb Raider, c'est un jeu d'action/aventure. Mais dans The Last Revelation (1999), il y avait une (courte) séquence de conduite de Land Rover ! 

Le jeu débute dans la Vallée des Rois. Vous voyez deux Land Rover cote à cote : un 88 avec toit et un autre, sans toit. Un méchant file au volant du premier. Vous ramassez les clefs de contact, par terre, puis vous prenez le volant du second !

S'en suit une poursuite très mollassonne. Le méchant vous balance des grenades. Il saute par-dessus un précipice. L'instinct vous dirait de le suivre... Mais si vous tentez de sauter, votre voiture s'écrase sur les pieux au fond du précipice.
Il faut donc se garer, sortir du véhicule, attendre que le méchant parte, puis passer le vide en s'accrochant aux parois.

Une séquence de quelques secondes, mais qui mettait un peu d'originalité... Donc Eidos ne la reprendra pas, parce qu'ils étaient contre toute bonne idée.

Il faudra attendre les Remasters pour revoir le Land Rover 88 !

samedi 22 novembre 2025

Wreckreation (2025)

Suite et fin de cette mini rétrospective Burnout avec Wreckreation. Un jeu sorti en octobre dernier.

Après le demi-succès de Dangerous Driving, Three Fields comprit qu'il avait besoin d'un vrai diffuseur. Ce sera THQ Nordic, un habitué des licences. Ironie de l'histoire, c'est le pendant moderne d'Acclaim, le diffuseur attitré de Criterion...

En 2018, Three Fields et THQ Nordic sortirent ainsi Wreckfest, un jeu de stock-car. Il fut suivi d'une suite, nommée logiquement Wreckfest 2.

Three Fields avait travaillé sur un Dangerous Driving 2. Faute de budget, il avait été mis de côté. Avec le succès - relatif - de Wreckfest, l'éditeur disposait enfin des fonds. Et pour le rattacher à Wreckfest, il fut nommé Wreckreation.

Dans un esprit Burnout, le fait d'envoyer son adversaire dans le décor ou de se crasher compte presque autant que de gagner la course !

"Wreckreation" est la contraction de "Wreckfest" et de "récréation". Mais c'est aussi la contraction de "Wreckfest" et de "création". Car le jeu est en monde ouvert. On peut générer des circuits, y insérer des obstacles, etc.

Cela rappelle Trackmania, pour le côté surréaliste. Les crashs en plus.

L'accueil du public est mitigé.

D'un côté, c'est un jeu à 39,99€. Le fun et l'originalité sont là.

Par contre, les graphismes n'ont rien à voir avec ce qui est "vendu". En plus, les différentes voitures ont toutes plus ou moins les mêmes caractéristiques. A se demander comment un jeu conçu en 6 ans peut être aussi bâclé...

mardi 18 novembre 2025

Dangerous Driving (2019)


La saga des Burnout est assez complexe. Dangerous Driving est un jeu conçu par l'équipe de Burnout, mais qui ne pouvait pas s'appeler "Burnout"...

Criterion Games fut d'abord une émanation de Canon Software. En 2004, Electronic Arts rachetait le studio. Dans un premier temps, tout va bien. Criterion proposa à EA un Need for Speed "façon Burnout", quasiment sur le ton de la boutade... Et EA donna son accord ! Ainsi naquit Need for Speed : hot pursuit. Puis il y eu Most Wanted.

Mais pour Need for Speed : Rivals, EA tint à ce que sa filiale Suédoise en soit co-développeur. Puis par la suite, Ghost Games prit le lead, Criterion n'assurant que le débogage de fin de jeu. Ca sentait le sapin...

Trois développeur quittèrent ainsi Criterion, en 2014. Comme ils avaient chacun leur spécialité, ils baptisèrent leur studio "Three Fields Entertainment". La franchise Burnout était à l'arrêt depuis Burnout Crash (2011.) D'où l'envie de la ressusciter. De même que Trick Style servit de brouillon pour Burnout, Three Fields s'appuya sur un jeu de golf, Dangerous Golf.


Dangerous Golf, c'était un jeu où le but était de détruire le décor. Avec des points bonus lorsque l'on faisait des dégâts. Mettre la balle dans le trou était presque accessoire.

De même, dans Dangerous Driving, le but, c'était d'éliminer vos adversaires. Soit pour gagner la course, soit pour les arrêter (façon Hot Pursuit.)

Le point positif, c'était le fun. S'amuser à envoyer les autres dans le décor. Puis de voir les voitures partir en tonneau, avec les pneus qui volent et la tôle qui se déforme.


Maintenant, les points négatifs... C'était très répétitifs. Les différents circuits avaient beau avoir des décors différents, aucun n'avait vraiment de particularité. Idem pour les voitures : les hypercars, SUV et monoplaces avaient peu ou proue la même vitesse de pointe et le même comportement routier !
Et certains se plaindront que les scènes de crash, avec replay et ralenti sont interminables. De quoi vous couper dans votre élan.

Au final, un jeu "moyen +", sans grande tare, mais sans être incontournable, non plus.
L'erreur de Three Fields fut surtout de l'avoir distribué lui-même. Difficile d'exister face aux grosses machines comme Gran Turismo et Forza.