vendredi 10 mars 2023

KartRider: Drift Season One (2023)

Disponible fin 2021, sous forme de démo, KartRider : Drift est sorti en janvier dernier. D'abord disponible sur PC, Steam, iOS et Android, il arrive sur XBox et PS5.

Un jeu gratuit, sans "pay to win", ni "loot box".

La série des KartRider a toujours mis l'accent sur les skins.

On commence donc par "KartRider: Drift x Porsche", qui permet de jouer avec des karts en forme de 718 Boxster cabriolet, 911 Turbo S cabriolet et Macan GTS. Ce dernier ne se débloque que une fois au niveau 30.
Notez que tous les karts ont les mêmes performances.

Il y a de quoi s'étonner avec Porsche. Le constructeur étant passé d'un accord exclusif avec EA à une politique de licences tout azimut.

vendredi 3 mars 2023

Forza Horizon 5 Rally Adventure (2023)

Forza Horizon 5 s'offre une seconde DLC, baptisée Rally Adventure. A vous les courses sur terre battue !

La DLC propose une nouvelle carte, Sierra Nueva, région imaginaire du Mexique. Elle propose des routes en terre battue et un désert.

Il y a un mode "rallye" avec chronomètre et copilote qui vous souffle les indications.

En plus, il y a dix nouveaux véhicules : une WRC (la Focus de Colin McRae), une Jeep, un pro-truck, une Baja Bug (façon "Hoonigan") et des SXS.

Un contenu très orienté USA.

Enfin, la DLC propose une radio de punk-rock (façon fin des années 90.)

La DLC sortira le 29 mars pour 20€ (en plus du jeu), sur PC, XBox et Steam.

Personnellement, je suis mitigé sur ces jeux qui veulent être un peu tout. Forza Horizon cherche désormais à attirer les fans de rallye. C'est un peu comme si FIFA disposait d'un DLC tennis !

L'autre point, c'est que Forza Forizon 5 est sorti en décembre 2021. Deux vraies DLC en près d'un an et demi, ils se moquent du monde (et surtout, des gens qui avaient pris le jeu complet...)

mercredi 8 février 2023

Le Madden Cruiser est de retour !

Quel est le rapport entre un autocar et des jeux de football américain ? A première vue, aucun et pourtant.

John Madden (1936-2021) donna sa vie au football américain. A l'université, une blessure au genou ralenti sa progression. En 1958, enfin, il était sélectionné en NFL... Mais une blessure à l'autre genou, quelques mois plus tard, fut synonyme de fin de carrière. John Madden fut ensuite coach assistant en football universitaire, puis coach, puis coach assistant en NFL et enfin, coach des Los Angeles Raiders. Vainqueur du Superbowl 1976, il abandonna deux ans après, sur problèmes de santé.
Il fut ensuite recruté comme commentateur TV. Un rôle qu'il conserva pendant 30 ans. Pour plusieurs générations d'Américains, John Madden était LA voix du football américain à la TV.

En 1984, Trip Hawkins, le fondateur d'Elctronic Arts, approcha l'homme pour lui proposer un jeu. Cela donna John Madden Football, pour PC, en 1988. L'intéressé y voyait surtout un moyen de faire connaitre sa discipline. Le jeu décolla surtout avec la troisième itération, sur Megadrive, en 1991. L'année suivante, le jeu devint annuel, avec les joueurs de la saison. John Madden décéda en 2021. Mais il revient en couverture de Madden NFL 2023 !

Sacré personnage, John Madden était claustrophobe et il eu des crises en avions. Il utilisa le train pour se déplacer. En 1988, Greyhound, un autocariste, lui fournit un car tout à fait standard, nonobstant l'inscription "Madden Cruiser". D'autres cars suivirent et du fait de la notoriété de John Madden, le "Madden Cruiser" était indissociable du football américain. D'autant plus que le commentateur traversait les Etats-Unis, en long et en large, s'arrêtant au hasard.
Pour Madden NFL 2023, EA a demandé à West Coach Customs de lui tuner un car. Voici donc le "Madden Cruiser" version 2023, qui sert pour une tournée promotionnelle.

samedi 4 février 2023

Who's Next 2023

Les jeux vidéo font désormais parti intégrante de la pop culture. Lorsque vous visitez un salon, la question n'est plus de savoir s'il y a des éléments en lien avec les jeux vidéo, mais de les trouver...

Au milieu du salon, il y a un espace "vintage" avec de vieilles consoles de jeu... Atari 2600 ? NES ? Non, Gamecube, N64 et PS2 ! Eh oui, ces consoles sont désormais vintage...

Notez au passage les TV Grundig à tubes cathodique.

Un peu plus loin, ambiance Photoshop. La fenêtre rappelle l'esthétique de Windows 95. Par contre, l'unité centrale du PC possède un lecteur de disquettes 5 1/4... Avec un écran plat. C'est dire à quel point les repères historiques de l'informatique sont flous...

mercredi 18 janvier 2023

Vendre de l'informatique : 5. la boutique d'imports

Vers 1992, les consoles faisaient désormais parti du paysage. Presque tous les 10-15 ans en avaient une. Bien sûr, vous finissez par vous lasser des jeux. Surtout que chaque mois, dans la presse spécialisée, il y avait des nouveautés... Imaginez que vous étiez, au hasard, fan de jeux de voitures. Dans un vieux Génération 4, vous découvriez Lotus Esprit Turbo Challenge. Vous enquiquiniez votre grand-mère, vous demandiez une avance sur votre argent de poche du mois prochain à vos parents. Ça y est, vous aviez réuni les 329 francs du prix de la cartouche Mega Drive... Mais à Carrefour, il n'avaient qu'Altered Beast, Sonic et Strider !

Car dès la fin des fêtes, les rayons jeux vidéos des grandes surfaces se réduisait à peau de chagrin. Et même à noël, ne comptiez pas trouver des "Gen d'or"...
A cause du codage PAL-SECAM, les fabricants avaient du adapter leur catalogue. A leur apogée, la NES et la Master System n'avaient chacune qu'une cinquantaine de jeux. Le Game Boy n'avait pas ce problème, mais il fut lancé en Europe avec trois jeux, avant de passer à neuf pour noël et d'atteindre deux ans plus tard vingt-quatre titres ! Les grandes surfaces, très frileuses, n'allaient pas mettre tout en rayon. Elles préféraient miser sur des valeurs sûres, comme les licences. Infogramme fit ainsi un carton à chaque noël, malgré des jeux bâclés...

Des petits malins -souvent eux-mêmes passionnés de jeux vidéo- comprirent qu'il y avait un marché. En plus, avec l'essor des grandes surfaces, de nombreux commerces de centre ville avaient mis la clef sous la porte. Donc, on pouvaient trouver des locaux à prix modiques.
Ces boutiques s'offraient volontiers des pages dans la presse spécialisées. Elles promettaient d'avoir toutes les nouveautés... En fait, elles étaient à peine plus grandes que les anciennes boutiques d'informatiques. Jeux Sega et Nintendo introuvables en grandes surfaces, imports US et Japonais, jeux pour consoles exotiques (NEC, Lynx, Jaguar...), jeux d'occasions. Il y en avait du sol au plafond ! Tout était plus ou moins rangés dans des étagères dédiées. Pour éviter la fauche, les étagères fermaient à clef (variante : les boites étaient vides et on vous donnait votre cartouche après paiement.)
C'était toute une ambiance ! Les vendeurs étaient des lycéens... Et le patron était à peine plus vieux qu'eux. Personne n'avait d'uniforme ; le samedi, c'était vite plein et il fallait s'adresser un peu au hasard. Il y avait généralement des TV. Elles diffusaient des imports Japonais. On était loin des trois jeux vendus en hypermarché ! Et tout aussi généralement, vous aviez un Remy qui voulait faire son intéressant : "Ce jeu-là, je le connais trop bien ! Je l'ai fini en deux jours !", "chez moi, j'ai une Neo Geo Américaine, t'as un Mario inédit dessus." ou "ce jeu, je peux te dire tout ce qu'il y'a écrit. Mon grand-frère, il fait une Maitrise de chinois à la Sorbonne et il m'a tout traduit." Vous aviez aussi le vieil otaku, qui demandait discrètement, la bave aux lèvres : "Vous avez Gals panic ?" Et c'est dans ces 30m² que vous passiez votre après-midi, à regarder des jeux qui n'étaient pas pour votre console ou dans votre budget...

Akira fut le premier manga traduit en français. Mais ce sont Dragon Ball Z, Saint Seiya et... Sailor Moon qui ont vraiment lancé le mouvement. Avec le début des goodies. Les figurines "direct Japon" étaient vendues à prix d'or. Dans les grandes villes, vous aviez plusieurs boutiques. Parfois, elles étaient mitoyennes ! Mais les patrons savaient s'entendre sur les prix...

Sony avaient étudié les forces et faiblesses de ses concurrents. Pour la Playstation, on vit pousser d'emblée, dans les grandes surfaces, des armoires dédiées. Bientôt, ce fut l'heure des PC, où il n'y avait plus de question de zonage.
L'intérêt des boutiques diminua. D'autant plus que Micromania proposait presque autant de choix, dans un cadre plus pro. Certaines boutiques mirent le paquet sur les manga ou les cartes graphiques (oui, déjà...)

mardi 17 janvier 2023

Vendre de l'informatique : 4. des consoles dans mon supermarché !

Les premiers supermarchés arrivèrent en France à la fin des années 50. Bientôt, ils allaient fleurir dans ces banlieues et autres villes nouvelles que l'on bâtissait à la hâte. Les épiciers furent les premiers à s'alarmer. Le grand bazar (1973) évoquait avec humour (?) cette concurrence déloyale entre supermarchés et épiciers.
Toujours en 1973, la loi Royer visait à mettre des bâtons dans les roues des supermarchés. L'obtention d'un permis de construire, pour une grande surface, était compliquée... Mais cette loi profita surtout aux grandes surfaces : ils étaient sûr qu'à terme, aucun autre supermarché ne s'installerait près d'eux. Donc ils purent planifier leur croissance à long terme. Ils purent ainsi grandir et devenir des hypermarchés. Les supermarchés des années 60, 70 vendaient de l'alimentaire à prix bas, grâce aux tarifs de gros. Une activité avec peu de marges. L'idée des années 80, 90, c'était d'offrir de manière ponctuelle, des produits non-alimentaires à bas prix, qui servaient à tracter des clients. Par exemple, un arrivage de TV Sony grand écran vendues 100 francs ou 200 francs de moins que Darty.

Les grandes surfaces ne voulaient pas entendre parler de consoles. Bandai (qui distribuait Nintendo) et Kenner Parker (qui distribuait Sega) voulaient un prix unique et une mise en place tout l'année, quel que soit le canal de distribution. Alors où était l'intérêt du supermarché ?
Le tournant eu lieu à noël 1990. La Nintendo Game Boy et la Sega Mega Drive avait cartonnés au Japon et aux USA, en 1989. Et elles arrivaient en Europe. Là encore, c'était prix unique (590 francs pour la Game Boy ; 1090 francs pour la Mega Drive.) Mais après tout, ça serait dommage de les laisser aux magasins de jouets...
Ce furent les deux stars du rayon jouet. A peine une enseigne mettait une palette de Game Boy en rayon, à peine elle se retrouvait dans les caddies. Nintendo et Sega s'étaient engagé à livrer en premier les hypermarchés. Beaucoup de magasins de jouets furent donc livré en janvier, voire en mars...

Surtout, contrairement aux autres jouets, la demande resta forte après les fêtes. D'ordinaire, le rayon jouet était démonté après noël. Là, les enseignes installèrent de manière permanente de rayon "jeux vidéo". Auchan édita même un encart dans Tilt sur les meilleurs jeux vendus dans ses rayons !

Le temps des disquettes vendues à l'unité dans les boutiques informatique semblait déjà loin ! Noël 1991 s'annonçait tout aussi bien, avec l'arrivée de Sonic. Tilt avait créé un magazine sur les jeux consoles, Console + et le N°1, consacré au hérisson, fut vite épuisé !
Du coup, les autres grandes surfaces voulurent à leur tour un rayon jeu vidéo. Virgin -qui succéda à Kenner Parker comme distributeur de Sega- ouvrit des corners dans ses Megastore avec beaucoup de produits Sega (dont la nouvelle Game Gear) et peu de Nintendo. Les autres avaient l'habitude d'une distribution à l'ancienne : j'achète et ensuite, je viens chercher mon produit au comptoir. Alors que les consoles étaient plus adaptées à un achat d'impulsion. Pas d'exception chez Boulanger, qui proposait néanmoins aussi des consoles plus exotiques (NEC Coregrafx, Atari Lynx...) La FNAC opta pour une implantation libre-service. Vous deviez chercher votre walkman à 200 francs au comptoir, mais la Mega Drive à 1090 francs, elle était en rayon ! Quant à Darty... Leur seul espace libre-service, c'était l'après-vente. Un  espace délaissé, vu que la vendeuses n'était pas commissionnée ! Les consoles étaient à chercher au comptoir, tandis que les jeux étaient entre les sacs d'aspirateur et les alimentation !

Vendre de l'informatique : 3. vendre des consoles...

Au milieu des années 80, Nintendo (puis Sega) débarquèrent en Europe. Mais ils avaient un problème : où vendre leurs consoles 8-bit ?

Aux Etats-Unis, pas de souci. Dès les années 60, il existait des grandes surfaces d'électronique grand public (Best Buy, Circuit City, Tandy...) qui quadrillaient le pays. Elles prirent le virage de l'informatique, à la fin des années 70.
En France, informatique était synonyme de boutiques spécialisées. Or, elles s'adressaient plutôt à une clientèle adulte. Les consoles de jeu tombaient dans un no man's land. Les grandes surfaces (Boulanger, Darty, FNAC...) jugeaient ces produits trop enfantins. En plus, les ventes étaient saisonnières. Par contre, les consoles étaient des produits trop chers et trop techniques pour des jouets.

Néanmoins, Nintendo et Sega misèrent sur les magasins de jouets. Ils sous-traitèrent respectivement la distribution à Bandai et à Kenner Parker, qui possédaient une bonne connaissance du terrain. Or, à la fin des années 80, les jouets étaient presque exclusivement vendus dans de petites boutiques. Les boites de consoles étant volumineuses, elles atterrirent en haut des étagères, où elles prenaient bien la poussière ! Aussi, cela plaçait le visiteur en position d'acheteur. Car si vous vouliez regarder la boite, il fallait demander à la propriétaire, qu'elle aille chercher l'escabeau, puis qu'elle descende la console... Difficile de dire ensuite : "Finalement, non. Remontez-là !" Or, 690 francs (1) en 1988, c'était une sacrée somme ! Accessoirement, les propriétaires de magasin n'avaient aucune notion d'informatique et ils ne vendaient même pas de jeux à part !
Autant dire que les constructeurs comprirent qu'ils étaient dans une impasse.

L'alternative, c'était les quincailleries ! Historiquement, les quincaillers vendaient un peu tout ce que les autres magasins du quartier ne proposaient pas (calculatrices, piles, petit électroménager...) Par opportunisme, ils s'étaient mis à l'électronique bon marché : jeux électroniques, walkmans, boombox... C'était le temps de l'arrivée du "made in Taïwan". Certains destockeurs récupérèrent du matériel passé de mode : Atari 2600, Commodore C64... Ils se retrouvaient entre les pots de peintures et les outils Facom.

C'est assez triste, pour ces boutiques de quartier. Elles tentaient de résister à l'ogre supermarché et au contraire, elles poussèrent les fabricants de console dans les bras de la GMS...

(1) Nintendo et Sega imposèrent un prix unique. 690 francs pour la console avec une manette et un jeu ; 990 francs pour la console avec deux manettes et deux jeux.